Comprendre enfin son conflit intérieur qui nous empêche de prendre soin de soi. - Passeport de vie

Émotions/Croyances

Comprendre enfin son conflit intérieur qui nous empêche de prendre soin de soi.

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La semaine passée, j’étais assise dans la salle d’attente d’une clinique. J’ai eu la chance d’entendre une conversation, entre une mère et sa fille, qui représentait à merveille le combat que l’on vit tous intérieurement. La mère et sa fille d’environ 7 ans étaient assises dos à moi. Je ne les voyais pas, mais je pouvais les entendre, bien qu’elles ne parlaient pas très fort.

Je comprends par la discussion que les parents sont séparés et que la petite demande à sa mère ce qu’elles feront durant les vacances d’été qui approchent.

La mère lui répond qu’elles vont s’organiser des activités durant ses 2 semaines de vacances.

La petite fille reste surprise que sa mère ne soit avec elle que 2 semaines. Elle réagit mal et dit à sa mère :

« Ce n’est rien 2 semaines dans toutes les vacances d’été! »

La mère ajoute que son père aussi passera ses 2 semaines de vacances avec elle.

La petite fille devient triste et se met à pleurer. Je ne l’entendais pas, mais sa mère lui dit :

« Ne pleure pas pour ça. »

Je ressens que la maman se sent coupable et tente de consoler sa fille en lui faisant comprendre que 4 semaines, c’est beaucoup et qu’elle ne peut pas prendre plus de vacances avec son travail.

La petite doit continuer à pleurer et je sens que la maman démontre un peu de colère en poursuivant ses justifications et en expliquant qu’elle n’a pas le choix.

Cette situation, c’est exactement ce qui se passe en nous quand notre enfant intérieur est triste. Ce que l’adulte en nous tente de faire, c’est de justifier pourquoi ça ne peut pas être autrement, qu’on n’a pas à avoir de peine, que c’est comme ça et qu’on n’y peut rien! La peine est ainsi refoulée et balayée sous le tapis et on passe à autre chose. C’est efficace à court terme, mais il se peut que le tapis commence à gondoler…

En réalité, de quoi la petite avait-elle besoin?

Qu’on l’accueille dans sa peine en lui disant :

« Je vois que ça te fait de la peine qu’on ne passe pas plus de temps ensemble pour les vacances. »

Ensuite, on la prend dans nos bras pour la consoler même si l’on sait qu’on ne peut lui offrir ce qu’elle veut. La maman aurait pu lui partager ce qu’elle vivait elle aussi et dire :

« J’aimerais tellement ça, pouvoir passer tout l’été avec toi, mais malheureusement, ce n’est pas possible avec mon travail. Moi aussi ça me fait de la peine, je suis désolée. »

Il n’y a pas de bien, il n’y a pas de mal dans cette histoire. La petite vit des émotions et la maman aussi. On ne peut enseigner ce qu’on n’a pas appris.

Lorsque l’on vit des émotions, nous avons le même besoin que la petite fille, même si nous sommes devenus des adultes RESPONSABLES. Par amour pour soi, on peut accueillir notre peine même si dans les faits, on ne peut rien changer à la situation. Je ne parle pas de rester dans sa peine et de ne plus en ressortir, mais juste de l’accueillir le temps qu’elle passe. Cela donnera des résultats plus bénéfiques à long terme, parce qu’on aura pris soin de nous et que l’on se sera respecté. On peut se permettre de vivre notre peine, parce qu’au fond, on est juste humain et qu’un humain, c’est triste à l’occasion.

Imagine-toi à 7 ans, alors que ta maman t’aurait serré dans ses bras en te permettant de vivre ta peine. Comment te serais-tu senti ?

 

Manon Lamothe
Thérapeute en relation d'aide METC et conférencière
450 501-6673

1 Commentaire

  1. Ariane

    30 mai 2018 à 08:26

    Belle  réflexion  !

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